À voile et à vapeur

Vive les vacances!  La journée commence tôt, vers 5h,  avec la balade en bateau pour voir le soleil se lever sur les colosses d'Abu Simbel et se termine vers 22h dans notre cabine du MS Royal Lily, le bateau qui nous fera descendre le Nil d'Assouan jusqu'à Luxor.  Une journée totalisant 17 heures.  Gervais grogne quand il apprend que le lendemain, la visite débute à 8h, lui qui espérait faire la grasse matinée.  Tu peux toujours rêver, Gervais!

Nous somnolons quand même un peu sur la route qui nous ramène à Assouan.  Premier arrêt dans une boutique de coton, une demande d'Éric, qui achète 3 chemises en coton égyptien, et un foulard de "taliban" que notre guide s'empresse de rectifier après avoir vu la publication facebook : de bédouin!  Il n'y a pas que le guide qui surveille notre facebook.  La djelaba, accrochée derrière Éric lors de la prise de photos avec le foulard autour de la tête, tombe dans l'oeil de Anne.  À suivre...

Dans une carrière de granit d'Assouan gît un obélisque de 42 mètres, inachevé.  Une fissure dans la pierre a obligé la reine Hatchepsout à abandonner ce colosse, et à jeter son dévolu sur deux obélisques aux dimensions plus modestes.  Encore bien accroché dans la roche, l'obélisque est toujours visible de nos jours, témoignagne des moyens imposants que les anciens Égyptiens mettaient en oeuvre pour tailler la pierre dont la crue du Nil facilitait le déplacement.

Une des contraintes du voyage "organisé" : l'arrêt aux boutiques supposément réputées, mais que seuls les touristes semblent fréquenter.  C'est le cas encore ce matin, cette fois pour acheter des épices.  Je m'attendais à un souk, mais, non, c'est le traditionnel accueil chaleureux qui démarre, avec le petit verre de thé, et la présentation des produits à la "tupperware".  Regardez ce thé blanc à la lavande, il aide à dormir et à relaxer.  Pas cher, 1 livre égyptienne le gramme.  Toutes les épices au même prix!  Une aubaine!  On va prendre du thé, puis le mélange de quatre poivres, puis de l'hibiscus, oh!, et de l'ambre aussi et pourquoi pas du safran iranien, la meilleure qualité.  Je déchante quand il pèse le poivre : 60$ CAD!  Pas question que je paye aussi cher pour du poivre même s'il vient directement du Soudan.  On fait baisser de moitié la quantité contenue dans les sacs d'épices que le vendeur avait remplis allègrement.  On repart avec la vague impression de s'être fait avoir.  Là-dessus, ils l'ont l'affaire les Égyptiens.

Celebrity Cruises peut dormir tranquille, le MS Royal Lily ne fait pas le poids.  Le décor est, au mieux, neutre et moderne, directement sorti des meilleures revues déco de 1991.  Pour embarquer sur notre bateau, il faut en traverser deux autres, dont l'un au thème Renaissance élaborée qui nous fait vite  apprécier la sobriété du Movenpick.  Après un dîner rapido, on quitte notre bateau pour un autre type d'embarcation : la felouque, bateau typique qui n'avance qu'à voile

Mais il ne vente pas.  Peine perdue, on avance à peine sous la gouverne de nos deux capitaines, jeunes garçons à l'air pas trop vaillant.  Il faut qu'un bateau à moteur vienne nous tirer pour commencer, et, quelques minutes plus tard, nous rechercher pour regagner la rive.  Dans ces conditions, un bateau à moteur reste la meilleure option si on veut faire autre chose que du surplace.  On s'installe sur le toit, au gros soleil, et on glisse, rapidement maintenant, sur les eaux du Nil et de la première cataracte. 

À dos de chameaux, qui tiennent mordicus à marcher sur le bord de la dune qui nous sépare du Nil, nous sommes conduits vers le touristique village nubien.  Évocation de la culture nubienne, c'est-à-dire les Égyptiens, mais qui originent de l'Afrique noire, le village est un long bazar aux couleurs vives.  On s'apitoie sur le triste sort des crocodiles gardés en captivité dans des enclos où ils peuvent à peine bouger les crocs, et on tient un bébé croco dans nos mains en espérant qu'il ne subira pas le même destin que ses parents.  De retour sur le toit du bateau, on assiste aux prémisses du coucher de soleil sur Assouan, admirant le Old Cataract Hotel, vu du Nil.

Ma chemise ne sent pas la rose après la traversée du Nil et la promenade en dromadaire.  Qui est à blâmer?  On a à peine le temps d'enfiler des vêtements plus chauds qu'on est déjà en route pour le Temple de Philae, cette fois-ci pour le spectacle, que l'on rejoint en petit bateau dont le moteur qui toussote nous fait craindre le pire.  Nous sommes les premiers sur les lieux, mais une représentation spéciale retarde notre spectacle de 18h30.  Ma'alesh! 

Le son et lumière à Philae est mon préféré jusqu'à maintenant.  Pour la première fois, les visiteurs sont invités à marcher à travers le temple, illuminé avec soin, avant de prendre place dans des gradins pour la suite du spectacle qui raconte la double de mort d'Osiris à la manière d'un téléthéâtre de Radio-Canada, version 1970.

Craignant de manquer le souper a l'hôtel, c'est la course pour faire plaisir à Anne.  J'arrête quelques minutes à la boutique de coton visitée ce matin, mais évidemment, la djelaba bleue est seulement disponible en small.  J'ai beau tirer le tissu pour essayer d'imaginer Anne dans la petite taille, je trouve ça trop risqué.  Ce sera donc une djelaba fuschia, dont Anne confirme le choix rapidement sur Facebook.

Nous regagnons notre bateau a moitié vide et notre table pour 8 qui nous est entièrement réservée avant d'assister au spectacle nubien qui nous faire fuir au bout de 5 minutes.

2 commentaires:

  1. Oui, j'imagine que les marchands égyptiens tentent de tirer profit des rares touristes qui franchissent la porte de leur boutique. N'oubliez pas de marchander ferme!
    Merci pour le détour que vous avez fait pour me rapporter ma djellaba xx

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    1. Anne, ça va prendre une photo pour voir si le détour valait la peine 😊

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