Le choc des cultures

Gervais nous a rejoint hier soir après un long trajet, et, surtout, avec une bien triste nouvelle : il a dû faire euthanasier la belle Tiffany, sa chatte de 17 ans, la veille du départ.  À son retour de Saint-Hubert, la pauvre était déshydratée à cause de son insuffisance rénale.  Il a pris un taxi passé 21h pour consulter le vétérinaire, et finalement décider d'accompagner bébé Chou vers la mort.  Tiffany était à moi depuis 2000 quand j'ai décidé de la donner à Gervais vu mes allergies chroniques.  Sacrée bébé chou, tu vas nous manquer.
On tente de changer les idées à Gervais en lui faisant découvrir le mousseux égyptien et la majestueuse suite que nous avons obtenue au Fairmont Nile City qui est au moins 4 fois grande comme une chambre standard.
Aujourd'hui, le chauffeur nous attend à 8h00 devant l'entrée, toujours ponctuel!  Nous rejoignons Mohamed à Gizèh pour faire la visite des pyramides, mais vu le brouillard qui recouvre la ville, j'ai bien l'intention de changer les plans pour la journée.  Pas besoin, Mohamed a déjà tout organisé : nous débuterons par Saqqara.
Première construction en pierres érigée par l'homme, la pyramide de Saqqara est donc la toute première pyramide de l'histoire de l'humanité.  Imhotep, son architecte, dessina les plans de la sépulture de son roi, Djoser.  Mais au lieu de se contenter de bâtir un mastaba standard (une tombe à un seul étage carré), il décida de superposer plusieurs mastabas, ce qui donna la première pyramide à palliers, ancêtre des pyramides égyptiennes plus connues à l'image de celle de Khéops.  Saqqara a en plus ceci d'exceptionnel, le site a été utilisé par le pharaon avant sa mort à l'occasion de son jubilée (31 ans) lors d'une grande fête donnant au roi la possibilite de montrer qu'il avait toujours la vigueur nécessaire pour demeurer sur le trône.  Les tombes que nous visitons sont toutes décorées de magnifiques bas-reliefs montrant des scènes de la vie quotidienne : traite des vaches, chasse et pêche, culture des champs, élevage animalier,  bagarres. Parfois la couleur est restée imprégnée malgré les presque 4500 ans qui ont passé depuis leur création, surtout le rouge, mais quelques fois du bleu et occasionnellement du vert.  Les photos sont interdites...sauf si on donne le fameux bakchich.
La nature fertile qui est dépeinte sur les murs des mastabas est un contraste saissisant avec la vie au Caire de nos jours.  Il faut dire que le terrain s'est asséché, que le désert a gagné du terrain et que les gazelles, babouins et autres hippopotames ont depuis longtemps quitté ce coin de l'Égypte.  Saqqara est aujourd'hui en plein désert.
Gervais est sous le choc.  Encore moins bavard que d'habitude, il regarde bouche-bée le chaos caïrote.  C'est son premier voyage au tiers-monde, et j'ai pour ma part l'impression que Mumbaï, par exemple, a des allures de Club Med à côté du désordre qui règne au Caire.  C'est la totale ici.  Indescriptible, vraiment.  Le spectacle de la pauvreté est dur pour les yeux.  Mais nous refermons  le soir les portes de notre suite au Fairmont sur le malheur des pauvres gens qui souffrent dans cette mégalopole aux allures de catastrophe. 
Quelques observations que nous avons faites depuis notre arrivée :
- Les voitures côtoient les charettes tirées par les chevaux ou les ânes en pleine autoroute.
- Une route de terre mène au spectacle Son et lumière des pyramides de Gizèh, activité touristique s'il en est une.
- Notre hôtel sur le bord du Nil offre la vue, à l'arrière, sur un bindonville crasseux.
- Un cheval, mort, sur le bord de la route.
- Un  troupeau d'une centaine de moutons sous un viaduc en plein centre-ville.  Il y en a plein comme ça partout.
- Quelques chameaux en transit bien couchés à l'arrière d'une camionnette.
- Des canaux où s'amoncellent des années de détritus dans lesquels les ibis, habituellement blancs mais devenus bruns de saleté, cherchent à manger, en guerre avec les chats et chiens qui ont les mêmes velléités.
- À quoi bon laver son linge si c'est pour le laisser sécher sur le balcon en bordure de l'autoroute la plus sale du monde ?
Je pourrais continuer ainsi pendant des heures et des heures... 
L'après-midi est relaxe : nous visitons un endroit où on fabrique des papyrus, et ensuite un parfumeur qui vend des huiles essentielles.  Visites un peu "imposées" par l'agence, mais, c'est la première et la dernière fois du voyage.  On ne se fait toutefois pas prier pour acheter.
Petit repos à l'hôtel avant de repartir pour le spectacle Son et lumière du plateau de Gizèh, daté et pompeux, mais néanmoins un incontournable de la visite au Caire.  Déçu de nos places derrière les VIP, je demande au guide (ce soir, Ahmed) combien ça coûte pour être à la première rangée.  Il me dit qu'il s'en occupe et revient 10 minutes plus tard avec des billets VIP.  Bon...on peut tout obtenir en Égypte en autant qu'on allonge quelques billets...  Gervais s'installe avec son haut trépied pour prendre les photos, et moi j'ai posé en équilibre mon petit trépied sur le bras de mon siège.  Avec nos cellulaires, on commande nos caméras pour cliquer sans toucher à l'appareil. 
Vendredi soir au Caire, la route jusqu'au restaurant Séquoïa est interminable, la circulation est horrible.  Je plains notre pauvre chauffeur qui conduit dans cet enfer sur terre depuis ce matin.  Ces gens sont prêts à tout pour nous faire passer du bon temps.  Le resto montre un autre visage du Caire, celui plus sophistiqué et cosmopolite.






























3 commentaires:

  1. C'est dur de voir des genre vivre ainsi. Encore dure de voir deux mondes dans un même endroit. D'un côté ume vue sur le nil pour des photos à faite rêver et de l autre côté un bidon ville...

    RépondreEffacer
  2. Une mégalopole surpeuplée et polluée, des rues bruyantes et paralysées par de gigantesques embouteillages. Pendant que les riches Cairotes, eux, vivent dans le calme à l'intérieur de leurs luxueuses résidences fermées qui poussent comme des champignons dans les banlieues barricadées du Caire.

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Tout à fait juste. Tellement bien dit! Tu veux prendre la plume du blogue, j'ai une p'tite fatigue!

      Effacer