Le temple de Karnak est grandiose. En fait, il s'agit de la plus grande construction religieuse du monde entier, malgré ses quelque 4700 ans d'âge. C'est la maison de Amon, le dieu-soleil dont le temple s'étend sur 25 hectares. Le site comporte d'autres temples dont celui dédié à Mout, la femme de Amon. Des registres indiquent que 8 000 prêtres officiaient à Karnak servis par 80 000 esclaves. Les offrandes se comptent en tonnes sous le règne de Ramsès II. Chaque pharaon y a apposé sa touche, ajoutant une partie ou en détruisant une autre, formant un complexe gigantesque à la mesure de Thèbes dont la population avoisinait le million d'habitants. Ses dimensions pharaoniques le rendent quasi intimidant. Quand nous arrivons, la façade est dans l'ombre et déjà des milliers de touristes se promènent sur le site, rien pour faciliter la visite de ce célèbre temple pour lequel nos attentes sont plus qu'élevées. Les photos sont difficiles, le guide insiste sur des aspects des gravures qui nous semblent dérisoires en comparaison à l'immensité du temple. En sortant après plus de deux heures de visite, je reste sur ma faim avec l'impression que Karnak ne m'a pas donné tout ce qu'il a à livrer.
L'impression est la même au temple de Louxor. Séparé de Karnak par une longue allée de 2,5 km bordée de sphinx, Louxor est le lieu de l'accouplement de Amon et de sa femme Mout qui durait 24 jours (n'essayez pas ça à la maison!). On y célébrait une fois par année la fertilité et la renaissance en l'honneur de la triade thébaine (trio de dieux composé de papa-dieu, maman-déesse et enfant-dieu) Amon, Mout et leur fils Khonsou. Encore une fois, la façade est ombragée et le soleil au zénith n'aide pas à apprécier la visite de ce lieu mythique. L'appel à la prière que crache la mosquée accrochée littéralement au temple révolte Gervais.
Je suis exigeant. Depuis la visite à Karnak ce matin, j'ai déjà pris la décision que j'allais revenir pour y trouver une plus belle lumière et moins de gens. Je réussis à embarquer Gervais dans mon plan. Alors qu'Éric se fait masser au Hilton, nous prenons un taxi vers Karnak. La façade éclairée par la lumière dorée de fin de journée nous rassure : nous ne sommes pas revenus pour rien! La salle hypostyle, avec ses 134 colonnes, prend une autre dimension une fois la foule dispersée et la lumière tamisée. Cette fois, je sens que Karnak est à la hauteur de sa réputation!
Comme si deux fois ne suffisaient pas, nous retournons à Karnak, en trio cette fois-ci, pour le spectacle son et lumière qui ressemble à tous les autres tout en ayant l'avantage de nous permettre de marcher dans le temple à la nuit tombée. On prend place derrière la corde pour voir les sphinx s'illuminer et ne laisserons nos premières places aux japonais que quand ceux-ci se mettent à courir pour nous dépasser afin de prendre les meilleurs sièges. Mais, ironie du sort, ils choississent les mauvais gradins et doivent nous suivre pour s'installer au bon endroit. Nous remportons le marathon! Douce vengeance après le ratage à Abu Simbel.
Comme il n'est pas encore 21 heures et que les sphinx sont illuminés, nous retournons photographier le temple de Luxor de loin. Le souper est pris dans un pittoresque restaurant nommé Sofra installé sur le toit d'un immeuble. Cette trop rare incursion dans la gastronomie égyptienne nous revient à 25$ pour les trois avec, au menu, du canard et de l'agneau.
Nouvellement spécialistes du positionnement du soleil, c'est décidé, nous retournons au temple de Luxor demain matin au lever du soleil. Au diable les poches sous les yeux, je veux voir le visage du colosse de Ramsès II dans la lumière! Exigeant un jour, exigeant toujours.
Karnak est l'apothéose d'un voyage en Égypte. Je peux comprendre cette "exigeante" quête de la lumière idéale qui renforce la beauté de ses impressionnants monuments.
RépondreEffacerMais j'ai peur que vous ne soyez pas beaux à voir à votre retour de voyage...!
C'est la visite a Alexandrie qui va nous tuer. Tant d'heures de route pour pas grand chose. Tu m'avais averti!
Effacer